Marie Petiet, peindre en femme au XIXe siècle, entre héritage et émancipation
- Laetitia DELOUSTAL

- il y a 5 jours
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Conférence du 17 avril 2026 pour les Amis du Patrimoine, Sigean
Marie Petiet (1854‑1893), née à Limoux, est la première femme artiste peintre véritablement reconnue dans le département de l’Aude et la seule à donner son nom à un musée. La conférence retrace d’abord le contexte très contraignant dans lequel elle se forme : au XIXᵉ siècle, les femmes sont exclues des écoles des beaux‑arts, privées de l’étude du nu et cantonnées aux genres jugés secondaires, malgré le rôle actif qu’elles jouent dans la création artistique.
L’exposé montre ensuite comment la lignée Petiet et le territoire de La Bezole structurent l’itinéraire de Marie : une famille de noblesse d’Empire, des rentiers passionnés de peinture, un atelier installé dans la tour du domaine, la restauration de l’église en 1867, le chemin de croix qu’elle peint à treize ans et la dévotion à sainte Germaine de Pibrac. Cet environnement exceptionnel lui offre un cadre d’apprentissage rare pour une jeune fille de province.
La conférence s’attache aussi à sa formation à Paris, auprès d’Hector Leroux, puis de Jean‑Jacques Henner, et dans les ateliers privés ouverts aux femmes. Elle revient sur ses œuvres majeures – autoportraits, portraits de famille, La Tricoteuse endormie, Les Blanchisseuses, Jeunes filles à l’église – où Marie représente surtout des femmes au travail ou en prière, avec un style académique maîtrisé, une palette héritée de Henner et un regard attentif aux gestes du quotidien.
Enfin, la conférence aborde la rencontre et le mariage avec Étienne Dujardin‑Beaumetz, peintre devenu député puis sous‑secrétaire d’État aux Beaux‑Arts. Elle montre comment ce mari, à la fois artiste et responsable politique, contribue à la reconnaissance et à la pérennisation de l’œuvre de Marie, par l’agrandissement du musée de Limoux, la politique de dépôts d’œuvres en région et le monument funéraire de La Bezole.
L’ensemble permet d’interroger ce « destin d’exception », à la fois singulier et révélateur de la condition des femmes artistes au XIXᵉ siècle.



















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